Apr
26
2010

Jours 197~199: Repos à Nanning, chef-lieu du Guangxi

Jour 197 (07/04/10)

Nameng(那蒙)-Nanning(南宁)

Province autonome Zhuang du Guangxi(广西壮族自治区)

- 90km -

Levés tôt, nous prenons un petit déj léger, car Andy pense peut-être le fait d’ingurgiter trop de bouffe le matin avant de prendre la route purrait être à l’origine de ses problèmes de santé. Il est donc préférable de faire un deuxième arrêt snack au milieu de la matinée, ce que nous faisons.

Un clodo regarde ce qui traîne dans les ordures...

Nameng, au petit matin.

Sur un poteau, une affiche publicitaire pour de la bouffe pour porc, titrée: "Savez-vous ce qu'un cochon veut manger?" (J'ai bien dit "VEUT", et non pas "DOIT") - Extrait: "Deux conditions sont nécessaires pour bien élever un cochon: le nourrir avec de la nourriture pré-mélangée pour qu'il grandisse vite, et lui fournir un équilibre en protéines pour qu'il soit rarement malade, pour économiser des aliments, pour qu'il soit robuste et se vende à bon prix. Il faut que le cochon devienne vite costaud pour que l'élevage devienne plus rentable et rapporte plus d'argent." (Ça, c'est des gens qui aiment les animaux!) "1, Principales raisons pour lesquelles un cochon tombe malade: Le secteur de l'alimentation animale de notre pays est encore très en retard, et les recettes du passé n'étaient pas scientifiques. Depuis des milliers d'années, le cochon aime prendre la nourriture qui se trouve sous la terre. Mais parmi ce que vous lui donnez, que ce soit des pois, du maïs ou du son, qu'est-ce qui pousse sous la terre? Si le cochon ne peut pas manger ce qu'il doit manger, alors on ne peut appeler cela un élevage scientifique de porcs. Si l'alimentation du porc n'est pas complète, alors c'est comme une machine qui tombe en panne à cause d'une pièce manquante. Ce genre de cochons ont une capacité digestive basse, ils n'arrivent souvent pas à digérer, ne serait-ce que les grains de maïs, ils ont des traces de larmes sur le visage, ils sont faibles et tombe évidemment facilement malades. Mais si dans leur alimenttaion, on ajoute un complément équilibré en protéines, alors leur capacité à digérer et à ingurgiter augmente de manière manifeste. Ils ingurgitent complètement, les traces de larmes sur le visage disparaissent, ils sont plus vigoureux et plus en forme. Soyez sûrs que l'alimentation équilibrée en protéines est une alimentation hi-tech de 3ème génération, qui fera disparaître les fréquents cas de maladies porcines et les tracas liés à l'élevage de porcs. Cela peut augmenter la rentabilité de l'élevage de porcs. C'est l'assurance de base pour gagner de l'argent en élevant des cochons, et c'est un produit qu'il faut utiliser pour un élevage de porcs moderne et scientifique..."

"École de sécurité routière" En bas, transcription en langue zhuang.

Labourage à l'ancienne

Entrée des toilettes d'une station-service

La route étant nickel, nous avançons vite et arrivons en début d’après-midi à Nanning. Heureusement, d’ailleurs, car la pluie commence à tomber!

Nous trouvons une chambre correcte, au 10ème étage d’un hôtel, en face d’une petite ruelle où se trouve un stand proposant d’excellents jus de mangues fraîchement pressées et où nous avons la chance de revoir des Ouïghours vendeurs de brochettes, près d’un restaurant hui de Lanzhou. C’est d’ailleurs là que nous prenons ensemble notre dîner.

Entrée du garage de l'hôtel. En haut: une enseigne verte indique la présence d'une église dans l'arrière-cour. À droite: un sex-shop.

Sur un mur du garage. Àgauche: "Qui a dit que les filles valaient moins que les hommes? Les filles soutiennent la moitié du ciel." (Affiche visant à ne pas disciminer à la naissance les filles par rapport aux garçons). À droite: "La famille est un bateau, l'amour est une voile. La santé reproductrice (cad: sexuelle) est le port de votre bonheur.".

Un des serveurs vient s’asseoir nous parler. Au début, nous croyons qu’il s’agit, comme tous les autres, d’un Hui originaire de Xining (西宁), le chef-lieu de la province du Qinghai (青海). Il parle d’ailleurs avec un fort accent des contrées occidentales de la Chine. Mais il n’est pas du tout hui, ni ouïghour. C’est un Tibétain du Qinghai! Il a quitté très tôt son village natal pour vendre des brochettes à Haidian, le quartier universitaire de Pékin, avant de venir bosser dans ce restaurant, il y a 3 mois. Il ne connaît pas d’autres Tibétains et n’aiment que les filles de chez lui, mais cela ne l’empêche pas d’être très satisfait de sa situation. En tant que campagnard qui ne connaissait que les vallées à travers lesquelles il croisait parfois plus de loups que d’hommes, il n’est pas mécontent d’être dans cette ville développée. La beauté des paysages naturels ne lui manquent pas assez pour quitter le monde consumériste. Même le climat de Nanning lui convient mieux! Tant mieux pour lui…

Après ce dîner, Andy rentre à l’hôtel, tandis qu’Evan et moi décidons de sortir un peu siroter des bières. Nous montons dans un taxi dont le chauffeur est un Zhuang (壮族, principale minorité du Guangxi – d’où de nom de Province Autonome Zhuang du Guangxi), comme beaucoup d’habitants de la ville. Mais, à l’instar de notre serveur tibétain, ce quadragénaire semble un peu s’être éloigné de ses origines. Cela fait déjà longtemps qu’il a quitté la campagne de ses ancêtres, et il est même incapable de nous dire ‘bonjour’ en dialecte zhuang! Un parfait exemple de han-isation. Même sur le plan culinaire:

  • (Evan:) “壮族人和汉族人饮食方面有什么不同?” (« Quelle est la différence du point de vue culinaire entre les Han et les Zhuang? »)
  • (chauffeur:) “怎么说呢?差不多嘛!就是就是咸了点嘛~~!” (« Comment dire? C’est kif-kif! C’est… c’est juste un peu plus salé, quoi…! »)

Après avoir erré dans les rues à boire des bières bon marché, et sans avoir été convaincu par les bars de la ville (à 20h, il est en effet un petit peu trop tôt), nous entrons par curiosité chez un tatoueur, où nous sommes très vite chaleureusement accueilli. Le patron nous invite même à picoler en nous apportant un pack de bouteilles de bière. La discussion est sympa. Mis à part le proprio et trois ou quatre filles (dont on ne sait pas grand chose), se trouve un gros au yeux très bridés, dont le bras gauche, fraîchement tatoué, est enveloppé d’un papier-film, ainsi qu’un petit gars, lui-aussi cycliste à ses heures perdues. Tous sont des Han, et lorsque nous leur demandons si la ville de Nanning est à majorité zhuang ou han, ils nous répondent avec d’un rire dont j’ai du mal à interpréter la signification:

  • 壮族都被汉族给统治了!” (« Les Zhuang ont déjà été tous dominés par les Hans! »).

Lorsqu’à un moment, nous abordons, je ne sais plus trop comment, la question de la mafia chinoise, le gros nous sort:

  • 其实黑社会的人像大家一样。他们不会随便打人。他们处理他们之间的事。可是在外面你根本就看不出来他们是黑社会的!他们像大家一样。就像我。我可能是黑社会的,可是你也不知道。” (« En fait, les gens de la mafia ressemblent à tout le monde. Ils ne vont pas se battre pour un rien. Ils résolvent leurs problèmes entre eux. Mais dehors, il est impossible de voir qu’ils sont de la mafia! Ils sont comme tout le monde. Comme moi. Peut-être que je suis de la mafia, mais tu le sais pas. »)

Alors, ce gros timide serait-il membre d’un mafia locale? Si oui, il cache bien son jeu par son affabilité. D’autant que, passionné par les chiens, il possède pas moins d’une douzaines de schnauzers (雪纳瑞) et porte aujourd’hui sur lui le T-shirt de son association de cynophiles: 17658, qui se lit en chinois « yī qī liù jiǔ bā », un jeu de mot avec « yì qǐ liù gǒu ba » (一起遛狗吧), qui signifie « Promenons ensemble nos chiens! ». Un mafieux mordu de canins… ça a le mérite d’être original!

L’heure ayant pas mal tourné, nous décidons de partir et de les laisser fermer leur magasin. Fatigué, je saute dans un taxi pour l’hôtel, rejoint une demi-heure plus tard par Evan qui ne voulait descendre encore deux bouteilles. Une petite soirée picole comme ça, ça fait pas de mal après des journées éreintantes à vélo!

Jour 198 (08/04/10)

Nanning(南宁)

Province autonome Zhuang du Guangxi(广西壮族自治区)

Au lendemain de cette petite beuverie, Evan et moi avons un peu la gueule de bois. Andy part au magasin de vélo (on va finir par connaître presque tous les vélocistes du pays) pour changer de pignons, je nettoie à fond mon vélo et Evan m’aide à réparer ma chaîne dont un maillon a presque lâché. Puis, pour profiter des avantages d’une de notre dernière grand ville avant longtemps, Evan et moi déjeunons dans un sushi-bar. Le goût est moyen, mais le plaisir est tout de même là!

Le reste de la journée, nous le passons sur Internet. Et ayant encore beaucoup à écrire, nous décidons de rester une journée de plus demain.

Jour 199 (09/04/10)

Nanning(南宁)

Province autonome Zhuang du Guangxi(广西壮族自治区)

Journée banale devant Internet. Je profite de ce dernier jour pour siroter quelques excellents jus de mangues fraîchement pressées. Andy va faire des examens à l’hosto pour tenter de déterminer l’origine de ses fatigues répétées. Mais les résultats ne donneront rien.

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