Jour 71 (01/12/09)
Shaoxing(绍兴)-Shangwangcun(上王村)
Province du Zhejiang(浙江省)
-env. 45km-
Nous nous sommes couchés à 19h, et c’est 12h plus tard, à 7h, que nous nous levons. Après une bonne douche, nous remballons nos affaires, grignotons quelques baozi à la pâtes de haricots rouges et une galette aux œufs, et retournons au Starbucks pour prendre un café. Internet, c’est bien sûr très pratique, mais son addiction menace souvent notre progression. Ce n’est qu’à 11h que nous partons.
Au début, la route est remplie de camions et les paysages sont horribles. Nous décidons alors de bifurquer vers une petite route de montagne. Les pentes deviennent vite très abruptes, mais le décor s’embellit considérablement, et nous traversons quelques petits villages qui ne manquent pas de charme.
Alors que nous descendons une montagne, nous décidons de nous arrêter devant les ruches d’un apiculteur. Le gars, d’une trentaine d’années, s’appelle Tan (谭) et vient nous accueillir avec le sourire. Il nous invite à entrer dans sa tente pour voir sa réserve de miel. Seul problème: pour se rendre jusque sa maison de fortune, il faut traverser 20m de ruches. “没关系。他们不叮人。” (« Ce n’est pas grave. Elles ne piquent pas. »), nous dit-il. Finalement, s’il peut le faire, pourquoi pas nous? Je me dis qu’il suffit de s’en foutre et de ne pas les craindre. Et ça marche, sans problème! Dans sa tente, un garçon et une fille de notre âge sont en train de déjeuner, devant le poste de télé alimenté par une extension que Tan a traficoté en tirant sur le poteau électrique situé à quelques 30 mètres. Puis il nous montre sa réserve de miel dans une sorte de très grand pot de peinture et nous en fait goûter. Ses abeilles, nous dit-il, viennent d’Italie, mais son miel, nous assure-t-il, est meilleur. L’une des raisons est que ses abeilles butinent des fleurs de thé, qui poussent un peu partout dans la montagne. Comme il est gentil et que son produit est bon, nous lui en prenons un petit pot pour 30 yuan. Mais ayant oublié de prendre de l’argent, je dois retraverser son terrain puis revenir, en espérant ne pas me faire piquer. En fin de compte, je finis par m’en foutre un peu. Mais Evan, qui essaie de rester loin et a parfois des réactions stupides, essaient, par de grands mouvements, de chasser celles qui s’approchent.
Tan l'apiculteur
Nous repartons donc, et vers 14h30, nous commençons à chercher un resto. Nous entrons dans un petit bourg, où quelques 10 personnes sont réunies dans et à l’extérieur d’un “宋氏祠堂” (« Mémorial de M. Song »). En nous arrêtant prendre de l’eau dans la petite épicerie locale, nous demandons au patron, qui est ce « M.Song ». Il nous répond de son œil unique qu’il s’agit juste de quelqu’un qui vient de décéder. A part lui, tout le monde dans ce petit bourg semble avoir plus de 60 ans. Et si ce bled est plein d’authenticité, il respire aussi la mort. Les gens ne sont pas très causants…
Un petit vieux vient alors nous chercher pour nous guider vers un restaurant situé sur le bord de la route. C’est un grand restaurant de campagne. Le propriétaire est un jeune de notre âge, maigrichon avec des lunettes rondes, à l’apparence timide et pourtant très disert: Ding Sheng (丁盛), qui nous invite à l’appeler Petit Ding (小丁). Parmi les quelques plats qui sont notés sur l’ardoise posée derrière le comptoir, nous choisissons des aubergines, des patates sautées et riz cantonnais. Un repas 100% végétarien. Nous ne prenons ni pigeon sauvage, ni cerf, ni anguille sauvage d’eau douce, présents sur le menu. L’anguille sauvage, nous dit Petit Ding, il l’achète 500 yuan la livre et la revend 100 yuan de plus!
Comme il fait beau, le jeune restaurateur, très serviable, installe une table et deux bancs dans la cour de devant, au soleil. Pendant que les plats sont en préparation, il nous explique que le petit village d’en face s’appelle Songjiacun (宋家村, mot-à-mot ‘village de la famille Song’) et que quasiment tout le monde là-bas s’appelle Song. L’origine du nom de ce village, d’après Petit Ding, viendrait de la Dynastie Song (宋朝, 960-1279), lorsque les Song ont perdu le contrôle du nord au profit des Jin (金, c’est-à-dire les Mongols), et ont déménagé leur capitale de (汴梁, actuel Kaifeng) à Lin’an (临安, actuel Hangzhou). Certains se seraient réfugiés ici, et auraient appelé le village Songjiacun (宋驾村, ‘village impérial des Song’), qui par homonymie serait devenu Songjiacun (宋家村, ‘village de la famille Song’). Après cet exposé, Petit Ding revient avec deux verres de thé, dans lequel nous versons un peu de notre miel fraîchement acheté. Encore une fois, on se régale. Avant d’apporter nos plats, Petit Ding nous explique que le miel est une des spécialités de la régions, car ici, il y a peu de pollution, l’écologie étant mieux respectée qu’avant. Il y a quelques années, le pays détruisait la nature sans se soucier des conséquences. Mais maintenant, il y a quelques progrès, même si ce n’est pas encore idéal. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a décidé d’abandonner son boulot de fonctionnaire à Shaoxing pour ouvrir son restaurant. Il aime être prêt de la nature. Et nous le constatons à travers les plats qu’il nous sert. C’est non seulement délicieux, mais les couleurs sont resplendissantes de fraîcheur. Je ne dirais pas que tout est 100% bio, mais les plats respirent la santé, tant par leur saveur que par leur aspect. Petit Ding regrette de ne pas nous avoir connu plus tôt, car il nous aurait volontiers fait visiter les vieux quartiers sa ville natale de Shaoxing, que nous avons quitté ce matin, ainsi tous ses ponts en pierre. Il y a d’ailleurs, nous précise-t-il, plusieurs ponts, dans les environs, qui ne tiennent que par la pierre, sans ciment. Après cette instructive pause culinaire, Petit Ding insiste pour que nous emmenions du huangjiu qu’il fabrique lui même. Il va prendre une grande bouteille de Coca de 2 litres, et nous la remplit en puisant à l’aide d’une louche, le précieux alcool qu’il conserve dans une jarre. Son type de huangjiu est appelé nüerhong (女儿红, mot-à-mot ‘le rouge de la fille’).
D’où vient donc ce nom? Un jour, dans la Chine des Song, un couturier apprit que sa femme était enceinte. Euphorique à l’idée d’avoir un fils, il commença à faire fermenter de l’alcool, dans l’intention de trinquer avec sa famille et ses amis le jour de la naissance. Mais sa femme mit au monde une fille. Déçu, il enterra ses jarres dans son jardin, au pied d’un olivier odorant (桂花树). Au fur et à mesure qu’elle grandit, sa fille fit preuve d’un véritable don pour la broderie. Le couturier se dit alors qu’avoir une fille n’était pas si mal. Il décida de lui présenter le meilleur des maris, et le jour du mariage, déterra les jarres. Le rouge étant en Chine la couleur du mariage, il décida d’appeler cet alcool nüerhong (女儿红, ‘le rouge de la fille’ ou ‘le mariage de la fille’). Cette pratique devint alors une coutume. Chacun commença à enterrer des jarres à la naissance de leur enfant, peu importe son sexe, pour les boire le jour de leur de leur mariage. Ceux qui avait un garçon espéraient que celui-ci devienne zhuangyuan (状元, premier rang des examens impériaux). C’est pourquoi cet alcool fut appelé zhuangyuanhong (状元红, ‘le rouge du zhuangyuan‘ ou ‘le mariage du zhuangyuan‘), qui est aujourd’hui abrégé en yuanhong (元红).
Petit Ding et sa cuvée
Il est déjà plus de 15h, et ce soir nous tenons à camper. Il nous faut donc absolument partir. Petit Ding, lui aussi d’ailleurs, est occupé, car il doit apporter de la tortue molle (甲鱼) à la femme d’un ami qui vient de « faire le mois ». Cet met serait très bon pour les femmes ayant récemment accouché. Nous remercions donc Petit Ding de son hospitalité et reprenons la route. Très vite, nous apercevons un défilé religieux constitué d’une quinzaine de personnes: celles de devant sont recouvertes d’un bonnet blanc et d’une cape blanche (genre KuKluxKlan) et transportant des plateaux, celles de derrière sont habillées d’une toge rouge et noire, avec un taijitu (太极图, cercle symbolisant le yin et le yang) au dos, tapent sur des cymbales ou soufflent dans des trompettes. Ils entrent dans un petit temple situé quelques mètres plus loin, le Temple de Wanghua (王化庙), Wanghua étant le nom du village. Après avoir demandé à des bonnes femmes flânant à l’entrée, nous les suivons. A l’intérieur, des vieux nous saluent en penchant légèrement la tête tout en joignant les mains devant eux. Les personnes défilant viennent prier Bouddha, avant de ressortir défiler. Ils nous expliquent que cette cérémonie est une cérémonie taoïste en hommage à la personne décédée dans le village de Songjiacun (les traditions chinoises mélangent souvent bouddhisme et taoïsme). Les personnes défilant en blanc sont les proches du défunt. Ils nous invitent à revenir demain dans ce temple vieux, nous disent-ils, de plus de 400 ans, car il y aura une fête en l’honneur de Bouddha. Nous promettons à demi-voix, et partons sous les bruits des pétards lâchés par les fidèles pour éloigner les mauvais esprits et s’assurer que le défunt reposera en paix. Plus loin, nous apercevons une nouvelle retenue d’eau et beaucoup de messages interdisant de faire du feu, sous peine d’amende. En contre bas, nous passons même devant le bureau de police des feux de forêts.
Défilé pour le défunt
Evan dans le temple de Wanghua
Nous poursuivons notre route en attaquant une autre montée, et vers 17h30, nous trouvons un coin en hauteur où installer nos tentes, au milieux de bambous. L’accès n’est pas facile car la terre est humide et glissante, mais nous y arrivons. Lorsque nous sommes installés, le ciel s’est déjà bien assombri. Nous prenons un dîner de campeur, constitué de cacahuètes et de miel. Pendant deux heures, Evan et moi discutons et refaisons le monde en trinquant au huangjiu. L’alcool est infecte, pire que n’importe quelle piquette, mais il nous tiendra au corps pendant la nuit.
Jour 72 (02/12/09)
Shangwangcun(上王村)-Huangze(黄泽)
Province du Zhejiang(浙江省)
-env. 55km-
Blottis dans nos sacs de couchages, ce n’est qu’à 7h30 que nous nous levons. J’attendais personnellement que le soleil vienne nous réchauffer, mais nous sommes malheureusement situés sur le mauvais versant de la colline. Avant de partir, nous faisons exploser deux pétards que nous avions achetés il y a déjà 2 semaines à Wuzhen. Deux pétards seulement, car ça résonne pas mal!
Nos tentes dans la forêt de bambous
En descendant la colline, nous tombons vite sur un charmant petit bourg. Quelques habitantes lavent leurs légumes dans le petit ruisseau qui longe l’unique ruelle, sur laquelle flânent quelques grands-pères et grands-mères, devant les maisons qui les ont vu naître, grandir, puis vieillir. Nous nous arrêtons devant l’une d’entre elle. Deux vieilles et un petit enfant y prennent leur petit déjeuner, préparé par la maîtresse de maison. Nous demandons deux bols de mixian (米线, nouilles de riz très fines) et un bol de niangao. Mais la communication n’est pas facile, car la plupart des plus vieux ne parlent souvent pas mandarin. La plupart, mais pas tous! Nous nous asseyons autour de la seule table installée, devant une vieille au mandarin quasi-parfait. Enfin, quand je dis une vieille, je me fie évidemment à son apparence. A 66ans, elle n’a que des cheveux blancs, ses rides ne se comptent même plus, et ce n’est pas son œil crevé qui peut la rajeunir. (Oui, je sais, le portrait est assez cynique et dégueulasse!). Et sans trop savoir pourquoi, elle commence à nous raconter son histoire. Son mari est mort, il y a déjà 15 ans. Elle vit désormais toute seule. Ses enfants, une fille et un fils, sont partis dans les grandes villes. En particulier, sa fille, qui est mariée, a une petite fille, et vit à Shanghaï. La fille a aussi une maison dans le village, mais la vieille, pour une raison obscure, ne peut pas y aller. Sans enfants ni mari, elle s’occupe aujourd’hui d’une autre petite vieille qui vient d’avoir un accident et peine à se déplacer. Un petit boulot qui lui permet d’amasser 1.000 yuan par mois, soit suffisamment pour vivre dans ce petit bled perdu dans les montagnes. Elle se réjouit de sa situation, car ainsi, elle ne constitue pas un poids financier pour ses enfants. Ayant vu sur la route plusieurs inscriptions “野兔野猪” (« lièvres et sangliers »), je lui demande s’il y en a beaucoup dans la région. De moins en moins, répond-elle. Auparavant, son fils en chassait. Lorsque nous lui faisons comprendre que nous apprécions beaucoup le charme de son village, elle nous répond “不漂亮,不漂亮!” (« Ce n’est pas beau, ce n’est pas beau! »). Les Chinois ont souvent du mal à comprendre notre attrait pour les constructions anciennes. Elle nous dit qu’à cause des retenues d’eau, beaucoup de villages dans les montagnes ont dû être déplacés. (Attention! Lorsque l’on dit qu’un village est déplacé, cela ne signifie pas que l’on reprend toutes les maisons pierre par pierre pour les reconstruire autre part. Non! Tout est détruit, et de nouvelles maisons sont construites pour les villageois. Ce sont donc en fait les villageois qui sont déplacés, pas le village.) Et ce bourg-ci à lui aussi bien failli être déplacé. Mais il était, nous explique-t-elle, trop grand, donc difficilement déplaçable.
Un lbx attend son petit déjeuner
Après cette petite discussion matinale et un petit déjeuner hyper salé, nous ressortons, et je tombe sur une vieille qui m’interpelle en patois local tout en me faisant de la main le nombre 55. 55? 55 quoi? 55 ans? 55 km? Une femme d’une quarantaine d’années vient faire la traduction. La vieille, voyant ma barbe, croyait que j’avais 55 ans!!! “我二十九!” (« J’ai 29 ans! »), lui dis-je, ce qu’elle retraduit en patois pour les anciens: “他廿九岁!”. Nous avons du mal à nous débarrasser du petit groupe de vieux qui s’étoffe au fur et à mesure de la conversation. La vieille ne cesse de nous poser les même questions. « Vous avez quel âge? » « Vous êtes venus à vélo de Pékin? Vous devez avoir beaucoup d’argent! ». Au dessus du petit groupe, j’aperçois, sur une poutre de la maison les inscriptions: “伟大的毛泽东思想万岁” (« Vive la grandiose pensée de Mao Zedong ») et “伟大的中国共产党万岁” (« Vive le grandiose Parti Communiste Chinois »). Un des vieux nous explique qu’elles datent de la Révolution Culturelle, une période très pénible nous précise-t-il.
Papotage entre survivants du maoïsme
Nous réussissons de nous extirper de nos amis quasi-centenaires pour reprendre notre ascension. Nous avons l’impression que les montées sont chaque jour de plus en plus abruptes. Elle est longue et dure, mais qu’elle est belle! (Je parle bien entendu de la route…) Lorsqu’une ou deux heures plus tard nous descendons à toute allure (car si les montées sont rudes, les descentes sont carrément jouissives!), nous passons par un petit village et nous arrêtons devant une petite épicerie pour nous ravitailler en eau. Evan, qui peine à trouver notre position sur la carte, demande à la vendeuse le nom de ce petit bled. « Tseing Tseing! », nous répond-elle dans un patois incompréhensible. Ça ne nous aide pas beaucoup… « Tseing tseing », en mandarin, ça ne veut pas dire grand chose… Un autre indice peut-être? Elle continue à déblatérer comme un moulin à paroles je-ne-sais quelle information, mais impossible de comprendre plus de 10% de ce qu’elle raconte. Heureusement, juste en face, j’aperçois le nom d’un arrêt de bus: “将镇站” (station Jiangzhen). C’est déjà plus parlant.
Nous continuons notre descente vers la pleine, et tombons sur une petite fabrique familiale de niangao (年糕, sorte de petites tranches de pâtes que l’on fait revenir avec des légumes, mais qui peut aussi se déguster sucré – nous en avons mangé tous les matins à Anji). Alors bien sûr, nous nous arrêtons. Nous sommes vraiment impatients de voir le processus de fabrication. A l’extérieur de la petite maison, des personnes disposent les niangao fraîchement confectionnés sur de longues planches de bambou. Ils nous invitent à entrer. Dans un grand bac, se trouve de la farine de riz, qu’un gars se charge de faire cuire dans une étuve en bois. 5 minutes plus tard, il en déverse le contenu dans un autre bac qui comprend un petit trou. Des bonnes femmes doivent rassembler la farine cuite et la faire tomber dans le trou. Par un mécanisme très artisanal, ce qui tombe dans le trou ressort sous une forme de boudin de pâte coupé en morceaux d’environ 15cm par des lames tournant comme un petit moulin. Et les niangao sont prêts, comme des petits pains. Une autre bonne femme est chargée de couper certains de ces petits pains en tranches (vidéo). Et pas besoin de les faire revenir avec des légumes pour en apprécier le goût. Nos amis lbx nous en font goûter un, et c’est vraiment délicieux. A tel point que nous voulons leur en acheter deux autres, mais encore une fois, ils nous les offrent. Ils nous proposent même de les prendre tout chauds, à la sortie de la machine. Mais cette fois-ci, Evan a une brillante idée: les tremper dans notre pot de miel! A manger nos niangao au miel, nous sommes heureux comme des gosses!
Lbx prenant la farine de riz avant de la mettre dans l'étuve derrière lui
Voici la machine qui va compresser la farine cuite pour en faire un long boudin de pâte
Trempés dans du miel, les niangao sont encore meilleurs!
Après avoir remercié ces lbx qui nous ont si gentiment accueilli, nous reprenons la route. Et par bonheur, il n’y a plus de pente. Que du plat. Vers 16h, nous arrivons dans le village de Huangze (黄泽), à la recherche de bouffe (eh oui, car à part les niangao, on n’a pas mangé grand chose!). Dehors, une lbx prépare des rouleaux de maibing (麦饼, galette de blé) avec légumes et petites crevettes. A 1 yuan l’une, il ne faut pas se priver. Et même cuite avec de la graisse de porc (à peine ai-je eu le temps de lui demandé quelle sorte de graisse c’était, qu’elle l’avait déjà presque cuite), c’est pas mauvais. Evan, lui, allergique aux crevettes, en prend une végétarienne. Nous arrivons ensuite dans le centre-ville, ou je prends des brochettes de poulet frit et Evan des petits pains frits. C’est pas mauvais, mais on se dit quand même qu’il faut qu’on arrête de bouffer du frit tout le temps. La bouffe chinoise peut être souvent bien grasse!
Nous avons encore faim, mais le temps nous est compté, car la nuit ne va pas tarder à tomber. Nous passons alors devant un restaurant de viande de chien. C’est assez courant en Chine, mais là, ce que nous voyons est… macabre. Des chiens morts dépecés sont suspendus par des crochets, et un lbx en tricycle arrive devant le resto en roulant sur les peaux de chiens étalées à l’entrée du resto. A l’arrière de son tricycle: d’autres peaux de chiens, qu’il est venu vendre. Un autre lbx arrive et les sort une part une en les jetant par terre: 1, 2, 3, 4, 5, … 21 peaux de chiens. Et la transaction est faite. Le gars nous invite à goûter la spécialité de son boui-boui en nous affirmant que c’est délicieux, mais nous passons notre chemin. Nous nous arrêtons plus loin, dans un autre boui-boui qui sert des petits plats froids, des légumes pour la plupart. Nous allons ensuite faire une brève pause internet dans un cyber-café, avant de repartir.
Lbx comptant ses peaux de chiens. Derrière, les victimes sont suspendues à l'arbre par des crochets.
A 5 minutes de vélos du village, nous trouvons un terrain sur lequel ont été plantés beaucoup d’arbres. Nous nous y enfonçons discrètement, installons nos tentes et allons nous reposer. Pour compléter mon maigre dîner, j’ai encore quelques tangerines achetées plus tôt.