Sep
26
2009

Jours 1~3

Jour 1 (23/09/09)

Enfin… nous pouvons partir! Après des jours de report (achat de mon vélo, passeport d’Andy, …), nous quittons Pékin! Avec des difficultés tout de même. Car après avoir pris un petit déjeuner copieux chez l’amie d’Evan (d’où nous sommes parti vers 8h), et après avoir pris une photo souvenir devant la porte principale du Palais Impérial, sur laquelle demeure la photo du saint sauveur du peuple chinois, nous nous apercevons que nous avons oublié certaines choses: moi, mon klaxon, Evan, ses gants (jusqu’ici, rien de grave), et Andy, le chargeur de son i-Phone (plus embêtant, car c’est grâce à son i-Phone que nous pouvons nous connecter sur Internet). Andy doit donc retourner chercher son chargeur, pendant qu’Evan et moi attendons tranquillement à l’extérieur d’un boui-boui de Xidan (quartier de Pékin).Une dernière pose avant le départ

C’est vers 10h30 que nous partons donc définitivement. Encore faut-il sortir de cette maudite ville. 2ème périph’, 3ème périph’, 4ème périph’, 5ème périph’, 6ème périph’, et encore un petit bout de chemin pour la forme, et nous avons enfin pu sortir du territoire sous administration pékinoise, pour entrer dans la province du Hebei, sur l’autoroute Pékin-Kaifeng(京开高速公路). Après 75km de route, nous arrivons dans une de ces villes moyennes biens pourries, Gu’an (固安), où nous n’avons pas trop de difficultés à trouver un hôtel bon marché (30 yuans la chambre pour trois). L’accueil est chaleureux et nous montons nos vélo dans notre chambre sans aucun problème. Une journée bien crevante. Le sommeil n’est pas difficile à trouver.

Jour 2 (24/09/09)

Au réveil vers 9h-9h30, tout le monde a encore des crampes dans les jambes. Mais c’est pas grave. Nous savons que cela passera au fil de notre périple. Les élongations nous permettront de rester en forme. Les pompes et les abdos sont également indispensables pour que le haut du corps ne tombe pas, étant donné qu’à vélo, seul le haut du corps est sollicité. Après ce que l’on pourrait appelé un brunch dans un petit boui-boui (le mot ‘boui-boui’ risque de revenir assez fréquemment dans mon récit), où un vieux attaque déjà comme tous les matins à la baijiu (alcool de riz souvent très très bon marché et dont une seule goutte suffirait à faire tomber dans le coma un poivrot polonais), nous descendons nos vélo, faisons notre échauffement quotidien devant nos amis lbx et repartons sur la route.Traversée du Pont Suqiao

Les routes nationales et départementales nous font bien comprendre une chose: nous étions impatients de quitter Pékin, et nous le sommes tout autant de quitter le Hebei. La campagne est sale et polluée, et les routes très fréquentées par des flots de camions dont les carburateurs ne sont probablement pas encore aux normes européennes. La route paraît longue et fatigante, et c’est avec soulagement que nous atteignons notre deuxième étape: Wen’an (文安). La ville est accueillante. Des lbx nous entourent et nous renseignent sur un endroit pour dormir, bien et pas cher. Une camionnette de police s’arrête et un abruti de flic avec son casque, son gilet pare-balle et son fusil à pompes essaye d’écarter un lbx qui nous renseigne gentiment. La ville de Wen’an est super-flicquée! Certains nous paraissent sympas, d’autres moins. Sur-armés et sur-carapacés sur leurs motos, dans cette ville où l’on a du mal a imaginer une émeute, ils se sentent déjà prêts à réprimer. L’endroit que nous trouvons pour dormir est un zhaodaisuo (mot-à-mot ‘lieu d’accueil’, destinés à ceux qui ne peuvent se payer un hôtel ou même une auberge). La patronne est plutôt gentille avec nous et nous laisse monter nos vélo jusqu’à notre chambre, au 4ème étage. Tout ceci sous escorte policière bien sûr: deux en bas, et quatre autres dans l’établissement prêts à vérifier nos passeports. (Pour ceux qui ne connaissent pas la Chine, une pièce d’identité est la plupart du temps obligatoire pour loger dans un hôtel). Une fois nos affaires montées, les agents de l’ordre nous disent que nous ne pouvons pas rester ici, l’établissement ne possédant pas le formulaire nécessaire à l’enregistrement des étrangers. Nous discutons longuement avec eux en leur expliquant que nous n’avons pas assez d’argent pour loger dans un hôtel. Ils rétorquent qu’ils s’inquiétent pour notre sécurité,mais après un coup de fil à un supérieur plus ou moins fantôme, nous recevons l’aval salvateur. Ils nous demandent tout de même si nous avons de quoi nous défendre en cas d’agression, ce à quoi nous répondons « non, les armes sont illégales en Chine ». Ils réagissent alors en disant « Exact, c’est illégal. Nous allons vérifier vos affaires ». Nous avons vraiment affaire à des cons et des ripoux qui voulent en réalité que savoir ce que nous amenons avec nous.

La soirée se terminée par un excellent dîner dans un restaurant musulman, probablement l’un des restaurants les plus chers dans lequel nous mangerons cette année (77yuans en tout). Bilan de la journée: Encore 75km de route dans les jambes. Mon pédalier fait de temps en temps, un bruit bizarre mais léger. Je verrai ça plus tard!

Jour 3 (25/09/09)

Levé à 9h30, les 150km parcourus en deux jours me restent encore dans les jambes. Avant de descendre nos vélos, je cherche à voir ce qui peut faire ce bruit bizarre sur mon vélo. Evan me fait remarquer à juste titre que mon antivol fait pression sur le câble de mon frein arrière. Pas étonnant que j’ai autant peiné hier!!! Cela me rassure sur ma condition physique. Nous descendons donc tout notre matériel et allons prendre nos petit déjeuner en face du zhaodaisuo, lorsque la patronne de ce dernier nous dit que les policiers demandent à revoir nos passeports. Andy et moi attendons Evan pendant plus d’une demi-heure. Lorsqu’il revient, ils nous annonce qu’ils s’agit d’autres flics et qu’ils accusent la patronne d’avoir accueilli des étrangers sans autorisation. Elle était en pleurs lorsque ceux-ci lui ont dit qu’ils allaient fermer son établissement. Evan a essayé de négocier, mais les flics lui ont dit de rester loin de cette affaire. L’envie de monter les insulter de tous les noms est forte, mais tout problème avec les autorités pourrait compromettre la suite de notre voyage. Profondément écœurés, nous décidons de lui offrir une enveloppe pour la dédommager de ce que nous n’aurions jamais pu imaginer: des flics l’ont autorisé à nous héberger et d’autres viennent l’emmerder. Nous avons tout de suite compris que cette ville était remplie de flics ripoux, que ceux-ci savaient pertinemment que nous logions là, et que tout ceci était un prétexte pour soutirer un pot-de-vin. Je remontre donc un peu plus tard avec l’enveloppe. Malheureusement, elle refuse catégoriquement malgré mes insistances. Elle me demande de ne pas m’inquiéter, précise qu’elle sait que nous sommes ‘gentils’ (= de bons gars) et qu’elle me téléphonera pour me tenir au courant. Nous repartons avec la haine de ces poulets ripoux qui extorquent l’argent de ces pauvres lbx. Bref… On essaie de tourner la page.

Nous enfourchons à nouveau nos fidèles destriers et parcourons les petites routes de campagnes, parmi lesquelles pas mal de chemins de terre à travers les champs de maïs. Sur le chemin, nous rencontrons des paysans en train de faire tomber des dattes à qui nous demandons notre chemin et qui nous proposent gentiment de déguster leurs fruits fraîchement récoltés. Un vieux lbx à vélo intrigué par notre présenceAprès 45km de route (nous avançons beaucoup moins vite sur les chemins de terre que sur les routes goudronnées), nous arrivons dans une village du nom de Liugezhuang (留各庄). Andy s’étant plaint dès le matin de l’état de ses genoux, nous sommes contraints de nous y établir. Nous trouvons un lüguan (appelons cela un ‘motel’) constitué d’un dazayuan (grande cour carrée). Il s’agit sans aucun doute de notre meilleur point de chute jusqu’à présent: une très grande pièce avec trois lits… C’est tout ce qu’il y a, mais c’est aussi tout ce dont nous avons besoin. Pour la douche, y’en a pas. Deux robinets d’eau froide au bout du couloir, une bassine et un thermos font l’affaire. Nous nous reposons tranquillement et allons nous laver chacun notre tour avant d’aller dîner de l’autre côté de la cour (le motel fait aussi restaurant), où se déroule dans le même temps une cérémonie de mariage. Quelques lbx plus ou moins torchés par la bière et la baijiu viennent nous saluer chacun leur tour. Et nous terminons la soirée dans la cour à discuter avec deux d’entre eux, avec les incontournables ‘women shi pengyou’ (‘nous sommes amis’). Comme si des personnes venant de se connaître pouvaient déclarer ‘nous sommes amis’. Mais cela fait parti de la culture lbx: la face, rien que la face, l’apparence! Soyons amis! Soyons amis! Nous finissons un peu bourrés, mais super contents de notre première véritable expérience lbx. C’est sûr! A l’avenir, nous éviterons autant que possible ces moyennes villes pour les villages!

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Written by Alexis in: Alexis,All |

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